LES PRIX NOBEL D’ÉCONOMIE

Le prix NOBEL est la plus haute distinction annuelle décernée à un économiste. Le Prix Banque de Suède en Sciences Économiques en la Mémoire d'Alfred Nobel est attribué en octobre, chaque année (depuis 1969) par l'académie royale de Suède

Il récompense l'ensemble de l'œuvre du ou des économistes primé(s). Un comité émet une recommandation à l'Académie, qui décide par vote secret.

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1969 : Ragnar FRISH (Norvège, 1875-1973) et Jan TINBERGEN (Hollande, 1903-1994)

"Pour avoir élaboré et appliqué des modèles dynamiques à l’analyse des processus économiques."
Spécialistes de l'économie du développement, ils ont été des pionniers de la mathématisation de l'économie. Ils ont notamment utilisé des modèles dynamiques. Ils ont créé l'économétrie.

À partir de 1945, Jan TINBERGEN concentre ses travaux sur la politique économique. Contre la coexistence de politiques juxtaposées visant chacune un objectif, il prône une politique unique poursuivant une gamme d'objectifs, il montre que pour être efficace, une telle politique doit se donner autant de moyens (fiscalité, stabilité des prix, équilibre de la balance des paiements). À partir de 1955, il travaille principalement sur les problèmes de développement. C'est pour ces travaux qu'il a reçu le prix Nobel 1969.

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1970 : Paul-Anthony SAMUELSON (né aux États-Unis en 1915)

"Pour les travaux scientifiques à partir desquels il a développé une théorie économique statique et dynamique et a contribué activement à améliorer le niveau d’analyse en science économique."

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1971 : Simon KUZNETS (né en Russie en 1901, émigré aux États-Unis en 1925, mort en 1985).

"Pour une interprétation, fondée sur une approche empirique, de la croissance économique qui a conduit à approfondir les connaissances de la structure et du processus socio-économique du développement."

Il a travaillé sur la loi psychologique fondamentale de Keynes ; il a alors montré que sur la longue période la propension moyenne à consommer restait relativement stable, de l'ordre de 0,86, ce qui contredisait la tendance mise en avant par Keynes qui postulait que la propension moyenne à consommer avait tendance à décroître quand les revenus augmentaient.

A mis en lumière des cycles économiques d’une durée de 15 à 20 ans dans l’économie américaine. Il met en avant des déterminants de la "croissance moderne"; ceux-ci sont les progrès de la science et des connaissances et les innovations qu'ils engendrent. Il met l'accent sur les caractéristiques de cette croissance : croissance par tête, hausse de la productivité, changeements technologiques, transformations structurelles.

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1972 : John HICKS (Angleterre, 1904-1989) et John Kenneth ARROW (né à New-York en 1921).

"Pour leur contribution, entièrement nouvelle, à la théorie de l’équilibre général et à la théorie du bien-être. "

Courant keynésien de la synthèse néoclassique. Hicks est le père du modèle IS-LM.

Kenneth ARROW est un néoclassique de l’école de Lausanne.

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1973 : Wassily LEONTIEFF (né en 1906 en Russie, émigré aux États-Unis en 1913)

"Pour le développement de la méthode entrées-sorties et pour son application à d’importants problèmes économiques. "
Celle-ci permet de calculer, en particulier, comment une variation de la demande d’un bien donné se répercute sur l’ensemble des demandes de biens des autres secteurs et comment ces différents flux de demande interfèrent les uns avec les autres y compris sur la demande de produits à l’origine du flux de demande.

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1974 : Friederich August von HAYEK (Autriche, 1899-1992) et Gunnar MYRDAL (Suède, 1898-1987)

"Pour leurs travaux de pionniers sur la théorie des fluctuations monétaires et économiques et pour leur analyse pénétrante de l’interdépendance des phénomènes économiques, sociaux et institutionnels. "

Hayek appartient à l’école néoclassique autrichienne et Myrdal au courant institutionnaliste

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1975 : Léonid KANTOROVITCH (URSS, 1912-1986) et Tjalling KOOPMANS (Pays-Bas, 1910-1986, États-Unis)

"Pour leurs contributions à la théorie de l’allocation optimale des ressources."

Une analyse mathématique du problème de l'allocation. Ce problème peut être défini comme suit : pour la production de quels biens et services les rares facteurs de production (travail, capital, etc.) doivent-ils être mis en oeuvre pour réaliser une satisfaction maximale des besoins ? Ce problème revêt une importance primordiale aussi bien dans un système économique de type collectif que dans une économie de marché.

Tjalling KOOPMANS est né en 1910 aux Pays-Bas, où il étudie les mathématiques, la physique et l'économie. Au début de la Seconde Guerre mondiale il émigre aux États-Unis. Cet auteur aborde le problème de l'allocation optimale par la technique de la programmation linéaire. Il s'agit d'une méthode mathématique qui permet de maximiser une fonction linéaire (par exemple la satisfaction de besoins), dans des conditions linéaires restrictives données (par exemple la quantité limitée de facteurs de production et le fait que, pour fabriquer tel produit, il faut utiliser telle quantité de facteurs de production). Koopmans est parvenu en fin de compte à réduire des livres de théorie économique à quelques formules mathématiques. Plus tard, le lauréat s'attachera à des aspects plus spécifiques du problème de l'allocation. Ainsi, il étudiera le même problème dans une optique dynamique (l'élément temps étant inclus dans l'analyse). Il se tournera ensuite vers les problèmes de développement et de croissance, la planification dans les domaines des matières premières et de l'énergie. Sous son impulsion, l'économétrie fera également de grands progrès. C'est ainsi qu'il trouvera une solution au problème des équations simultanées. Un système d'équations simultanées est un système d'équations où les variables s'influencent mutuellement.

Bien que Koopmans ait incontestablement fait oeuvre de pionnier en matière d'économie mathématique, c'est Leonid Kantorovich, l'autre lauréat, qui développera le premier une forme concrète de programmation linéaire.

Leonid KANTOROVICH (Leningrad, 1912-1986).

Dès son plus jeune âge, il montre de grandes dispositions pour les mathématiques. À 22 ans il est nommé professeur à l'Université de sa ville natale. En 1971, il est appelé à diriger un centre de recherche d'économie mathématique crée spécialement pour lui à Moscou. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, cet économiste découvre, à l'occasion d'un exercice pratique d'optimisation, la technique de la programmation linéaire et les possibilités que celle-ci renferme en vue de l'optimisation de l'économie soviétique. Dans son analyse il se heurte au rôle des prix dans l'économie. Il en conclut que ceux-ci sont déterminés par la relative rareté des produits et aboutit dès lors, par un détour, à la théorie (capitaliste) de l'utilité marginale.

Cette théorie est toutefois en opposition avec la théorie marxiste de la valeur travail, selon laquelle le prix d'un produit est déterminé par le travail qui y est consacré directement et indirectement. Ce n'est par conséquent qu'après l'ère stalinienne que les théories de Kantorovich seront publiées, et elles trouveront une application à l'occasion de la libéralisation de la planification économique. Kantorovitch introduit une approche en terme de productivité marginale de l’investissement pour résoudre la question de l’allocation des ressources au sein d’une économie socialiste.

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1976 : Milton FRIEDMAN (États-Unis, 1912- )

"Pour ses exploits dans le domaine de l’analyse de la communication, de l’histoire et de la théorie monétaires et pour sa démonstration de la complexité de la politique de stabilisation."

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1977 : James MEADE (GB, 1907-) et Bertil OHLIN (Suède, 1899-1979)

"Pour leur contribution ouvrant de nouvelles voies à la théorie du commerce international et des mouvements internationaux de capitaux."

Un économiste suédois (OHLIN) et un économiste britannique (MEADE) ont reçu le prix Nobel 1977 pour avoir établi, le premier dans les années 30 et le second dans les années 30 et 50, les fondements de la théorie économique internationale. Leurs travaux n'ont cependant pleinement retenu l'attention qu'après 1960, au moment où l'internationalisation du système économique prenait un large essor.

James MEADE, en définitive, est un économiste polyvalent et très préoccupé de la contribution que la théorie économique peut apporter à une politique économique plus efficiente.

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1978 : Herbert Alexander SIMON (États-Unis, 1916-)

"Pour ses recherches de pionnier en matière de processus de prise de décision à l’intérieur des organisations économiques. "

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1979 : Arthur LEWIS (États-Unis) et Theodor SCHULTZ (États-Unis)

"Pour leurs recherches de pionniers sur le développement économique, et particulièrement sur les problèmes des pays en développement."

Ce prix Nobel leur a été attribué essentiellement pour leur analyse des problèmes du Tiers monde. En effet, Theodore W. SCHULTZ et Sir Arthur LEWIS étaient des spécialistes de l'ÉCONOMIE AGRICOLE ET DU DÉVELOPPEMENT.

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1980 : Lawrence R. KLEIN (États-Unis, 1920- )

"Pour la création de modèles économétriques et l’application à l’analyse des fluctuations et des politiques économiques. "

Le prix Nobel lui a été attribué en 1980 parce que, par sa recherche scientifique, il a contribué à diffuser l'emploi de modèles économétriques dans le monde entier.

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1981 : James TOBIN (États-Unis, 1918- ) CONCILIATEUR ENTRE KEYNÉSIENS ET MONÉTARISTES

"Pour son analyse des marchés financiers et leurs relations avec les décisions d’achats, l’emploi, la production et les prix."

Tobin a reçu le prix Nobel pour sa contribution de la théorie du portefeuille qu'il a développée dans une série d'articles. Cette théorie repose sur la constatation que le patrimoine comprend aussi bien des actifs financiers (tels que dépôts a terme et obligations) que des actifs réels (tels que terrains et immeubles). Les variations du stock monétaire exercent dès lors des effets non seulement sur les taux d'intérêt, mais aussi sur les prix relatifs des éléments réels du patrimoine.
Avec cette théorie, Tobin prend place entre les Keynésiens et les Monétaristes. Il peut en effet se déduire de sa théorie du portefeuille qu'il existe à la fois un lien indirect (à travers les taux d'intérêt qui déterminent les investissements des entreprises : doctrine keynésienne pure) et une relation directe (doctrine monétariste pure) entre la sphère de la monnaie et la sphère des biens. Quoique, sur le plan des recommandations de politique économique, Tobin se rattache nettement aux Keynésiens, il peut en tout état de cause, pour ce qui concerne sa théorie, être considéré comme le conciliateur des principes keynésiens et des nouvelles thèses monétaristes.

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1982 : George J. STIGLER (États-Unis, 1911-1991) Néoclassique

"Pour ses études fécondes sur les structures industrielles et le fonctionnement des marchés et sur les causes et les effets de la réglementation publique."

Il s'est intéressé à la recherche empirique et a cherché à comprendre la réalité à partir de la théorie. Très critique vis-à-vis de CHAMBERLIN, il s'est penché sur la structure des marchés, la nature et le fonctionnement des entreprises et la détermination des prix en situation de monopole et d'oligopole.

STIGLER appliquera le raisonnement marginaliste à la recherche d'informations. En effet, pour lui, l'agent économique est rationnel et il recherche des informations supplémentaires aussi longtemps que le revenu marginal de cette activité en dépasse le coût marginal. Dès lors il considère que l'acquisition d'informations est un processus coûteux auquel on doit appliquer les mêmes règles d'analyse que pour les autres activités économiques.

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1983 : Gérard DEBREU (États-Unis). Né à Calais en 1921, il émigre aux ÉUA vers le début des années 50. Néoclassique, école de Lausanne.

"Pour avoir incorporé de nouvelles méthodes d’analyse dans la théorie économique et pour sa reformulation rigoureuse de l’équilibre général."

Ses travaux sont importants puiqu'il montrera, à travers un modèle qui utilse des outils mathématiques très novateurs, que le marché contient un mécanisme régulateur. Il démontrera ainsi l'équilibre que Léon WALRAS avait pressenti sans le prouver mathématiquement.

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1984 : Richard STONE (GB, 1913-1991)

"Pour avoir apporté une contribution fondamentale à l’élaboration des systèmes de comptabilité nationale qui ont permis d’améliorer considérablement les conditions d’analyse empirique de l’économie."

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1985 : Franco MODIGLIANI (États-Unis, 1918- )

"Pour son oeuvre de pionnier en matière de l’analyse de l’épargne et des marchés financiers. "

En outre, Modigliani a formulé, avec Merton Miller, deux théorèmes célèbres en matière de politique financière de la firme :

Le coût du capital est indépendant de la structure financière de la firme, c’est-à-dire la répartition entre l’appel aux capitaux propres et le recours à l’endettement ;

La valeur d’une entreprise est indépendante des dividendes distribués.

En conséquence, une augmentation importante des dividendes n’est pas nécessairement souhaitable.

En ce qui concerne l’épargne, il a développé la théorie du cycle de vie.

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1986 : James BUCHANAN (États-Unis, 1919-). Centre d’études des choix publics (néoclassique) "Public choice"

"Pour l’étude des fondements contractuels et constitutionnels appliqués à la théorie des prises de décision dans les domaines économiques et politiques. "

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1987 : Robert SOLOW (États-Unis,1924-) Courant keynésien de la synthèse

"Pour ses contributions à la théorie de la croissance économique. "

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1988 : Maurice ALLAIS (France, 1911- )

"Pour ses contributions de pionnier à la théorie des marchés et à l’utilisation efficiente des ressources. "

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1989 : Trygve HAAVELMO (Norvège, 1911-1999)

"Pour avoir clarifié les fondements de la théorie des probabilités en économie et pour ses analyses des structures économiques. "

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1990 : Harry MARKOWITZ (États-Unis, 1927-), Merton MILLER (États-Unis 1923-2000), William SHARPE (États-Unis, 1934-)

"Pour leurs travaux novateurs sur la théorie économique financière et le financement des entreprises. "

SHARPE et MARKOVITZ ont, en particulier, développé des analyses centrées sur la gestion moderne du portefeuille en prenant en compte la gestion du risque et en centrant leur analyse sur la notion de portefeuille efficient. Modèle d'Évaluation des Actifs Financiers

Melton Miller a développé la théorie financière de la firme. Avec Franco Modigliani, il a formulé les théorèmes de Modigliani-Miller (voir ci-dessus)

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1991 : Ronald H. COASE (États-Unis, 1910- )

École de Chicago

"Pour l’importance de la découverte et la mise en lumière des coûts de transaction et des droits économiques pour la structure institutionnelle et le fonctionnement du système économique. "

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1992 : Gary S. BECKER (États-Unis, 1930-)

Capital humain

"Pour avoir étendu le domaine de l'analyse microéconomique à un vaste champ de comportements et interactions humains, y compris des comportement hors-marché. "

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1993 : Robert FOGEL (1926) et Douglas NORTH (1920) (États-Unis)

Introduction au sein de la recherche historique des concepts, des modèles et des méthodes issus de la science économique

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1994 : John HARSANYI né en Hongrie en 1920. Il vit aux États-Unis

John NASH né aux États-Unis en 1928

Reinhard SELTEN né en Allemagne en 1930

Théorie des jeux non coopératifs

"Pour leur analyse pionnière d'équilibres dans la théorie des jeux non-coopératifs "

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1995 : Robert E. LUCAS (États-Unis, 1937). Nouvelle école classique

"Pour avoir développé et appliqué l'hypothèse des anticipations rationnelles, et avoir ainsi transformé l'analyse macroéconomique et approfondi notre compréhension de la politique économique. "

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1996 : William VICKREY (Canada, 1914-1996) et James MIRLESS (GB, 1936)

VICKREY est le premier économiste canadien à recevoir le Nobel.

"Pour leurs contributions fondamentales à la théorie économique des incitations sous information asymétrique. "Théorie des incitations et asymétrie d’information.

Leurs travaux permettent d'acquérir une meilleure compréhension des phénomènes dans de multiples secteurs (marchés des assurances et du crédit, formes d'enchères, organisation interne des entreprises, système fiscal, assurances sociales, questions de concurrence) dans lesquels l'information est asymétrique ou incomplète. Dès lors, cette compréhension génère un avantage qui peut être exploité.

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1997 : Robert C. MERTON (1944) et Myron S. SCHOLES (1941)

"Pour une nouvelle méthode permettant de déterminer la valeur des titres dérivés ."Conseillers du fonds spéculatif LTCM (long term credit management).

À la fin des années 60, Robert MERTON rédige un doctorat en sciences économiques (au MIT) sous la direction de Paul SAMUELSON et travaille avec lui, notamment, sur la valorisation des warrants qui sont une forme particulière des options. Merton est fasciné par l'utilisation des méthodes probabilistes en finance pour modéliser l'évolution fondamentalement aléatoire des cours des actifs financiers et par la thèse du mathématicien français Louis BACHELIER, soutenue en 1900 et intitulée "Théorie de la spéculation".

Au même moment, Myron SCHOLES, toujours au MIT, travaille sur la valorisation des actifs avec Fischer BLACK. Ils introduisent dans un portefeuille l'action sous-jacente et l'option et utilisent le calcul stochastique (qui comporte une variable aléatoire) que développe Merton.

Il résultera de ces recherches conduites au sein du MIT, deux articles publiés en 1973 et contenant non seulement la fameuse formule, mais aussi quantité d'autres résultats remarquables, en particulier sur la représentation du risque de défaut.

En 1998, le fond spéculatif LTCM ne sera sauvé de la faillite que par une mobilisation sans précédent de la banque centrale américaine.

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1998 : Amartya SEN (1933- ) INDE

Récompensé pour ses recherches sur l’origine des famines et de la pauvreté et sa "contribution à l’analyse du bien-être économique". "Il a contribué à restaurer la dimension éthique du débat économique et social en combinant les outils économiques et philosophiques".

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1999 : Robert MUNDELL ( ) CANADA

Formé à la London school of economics et au MIT, Robert MUNDELL, après un bref passage au FMI, enseigne de 1966 à 1971 à la célèbre université de Chicago. Depuis 1974, il est professeur à l'université Columbia de New-York. Ces établissements très influents ont façonné son originale pensée.
Il est le penseur de la politique de l'offre de Ronald Reagan, au début des années 80, Il fut l'un des chefs de file de l'influente "école de Chicago" sur laquelle s'appuya la révolution néolibérale au début des années 1990. Par ailleurs, il forgea de nombreux concepts qui inspirent encore de nombreux ministres des finances et de nombreux banquiers centraux de la planète.

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2000 : James HECKMAN  (États-Unis, 1944-) et Daniel McFADDEN (États-Unis, 1937-)

"Pour leurs découvertes en microéconomie"

Vingt-et-unième prix pour l'université de Chicago.

Leur méthodologie, qui emprunte à la fois à l'économie et à la statistique, développe des outils permettant de mieux comprendre le comportement d'individus ou de ménages. Elle permet, par exemple, d'analyser les raisons pour lesquelles une personne choisit de travailler, d'étudier, de voyager, ou pourquoi elle s'installe à un endroit plutôt qu'à un autre, ou encore de mesurer les effets d'un programme de formation sur l'emploi.

Ces analyses sont réalisées à partir de microdonnées traitées par ordinateur.
Les travaux des deux économistes américains "qui ont fait école en sciences économiques que dans d'autres sciences humaines" ont "résolu des problèmes fondamentaux posés par l'analyse statistiques des microdonnées" a souligné l'Académie des sciences en Suède.

Daniel McFadden a été récompensé "pour avoir développé des théories et des méthodes d'analyse des choix discrets". James Heckman a été distingué "pour avoir développé des théories et des méthodes d'analyse des échantillons sélectifs".

M. Heckman a imaginé des modèles d'analyse traitant de manière statistiquement satisfaisante les différences entre les individus et les groupes. Ces différences (ou "échantillons sélectifs") apparaissent couramment lorsque sont évalués les programmes d'aide à l'emploi ou l'impact de la durée du chômage sur les chances de retrouver un emploi. Les microdonnées reflètent par ailleurs souvent ce que les économistes appellent des "choix discrets".

M. McFadden en a établi une théorie, en développant de nouvelles méthodes statistiques qui ont une influence décisive sur la recherche empirique car elles sont facilement applicables dans la pratique. Il l'a notamment utilisée dans la conception du réseau de transport express de San Francisco.

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2001 : George AKERLOF (États-Unis, 1940-), Michael SPENCE (États-Unis, 1943) et Joseph STIGLITZ (États-Unis, 1943- )

"Pour leurs travaux sur les marchés avec asymétrie d'information."

Considérés comme les précurseurs de l'économie de l'information, leurs travaux permettent de déterminer comment certains agents économiques détiennent davantage d'informations que leur contrepartie. Ils ont ainsi jeté les bases d'une théorie générale permettant aussi bien l'analyse des places financières contemporaines que celle des marchés agricoles traditionnels (ou de la vente des voitures d'occasion : confère les fameux lemons d'Akerlof).

On trouve dans les théories des lauréats à la fois des éléments utiles pour la microéconomie, tels que les théories appliquées aux assurances ou aux banques et des concepts tournés vers la macroéconomie qui constituent un approfondissement du courant keynésien.

Joseh STIGLITZ (né en 1943) a été succesivement protesseur d'économie à Yale, Princeton, Oxford et Stanford après avoir obtenu son doctorat au MIT (Massachusetts institute or Tecnology) en 1967, Joseph STIGLITZ s'est fait connaître par ses travaux montrant comment l'" asymétrie d'information " permet de prendre de nombreux phénomènes, comme le chômage ou le rationnement de crédit.

Mais sa notoriété lui vient aussi de son passage a la Maison Blanche. où il a été le turbulent conseiller économique de Bill CLINTON et, surtout ses fonctions d'économiste en chef à la Banque mondiale jusqu'en 1999. C'est de ce poste qu'il a vertement critiqué les recettes des institutions financières internationales destinées à pallier les effets négatifs de la crise asiatique de 1997 et dénoncé à plusieurs reprises le "consensus de Washington", sorte de pensée unique appliquée notamment à la globalisation de l'économie. Aujourd'hui, professeur à New-York (université de Columbia), il critique les très importantes baisses d'impôts décidées par Georges BUSH junior parce qu'elles n'ont pas été conçues comme un stimulant de l'économie. Il ajoute que ce remède potentiel à la crise économique n'avait jamais marché.

George AKERLOF a obtenu un doctorat au MIT en 1966, il enseigne depuis lors à université de Berkeley. Il a conduit des activités de recherche à la Fed. Il est connu pour ses travaux sur la fréquence et l'importance des problèmes d'information. Il a notamment appliqué l'asymétrie d'information à la dette du tiers-monde et aux discriminations dont sont victimes les minorités au travail.

Michael SPENCE (né en 1943), diplômé de Harvard et de la Graduate Scholol of Business de Stanford, a concentré ses recherches sur les structures du travail, la fiscalité et la monnaie. Il a travaillé sur l'"antisélection" qui désigne le comportement des acteurs économiques disposant d'informations privilégiées (délits d'initiés, assurés, vendeurs de voitues d'occasion). Il a reçu le prix Galbraith en 1978 pour la qualité de son enseignement et la médaille John-Bates Clark, en 1981, disticntion qui récompense les meilleurs jeunes économistes américains.

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2002 : Daniel KAHNEMAN (Israël, 1934, États-Unis) et Vernon L. SMITH (États-Unis, 1927- )

Pour leurs travaux précurseurs en matière d'économie psychologique et expérimentale.

En attribuant mercredi le prix Nobel d'économie 2002 à l'Israélo-Américain Daniel KAHNEMAN et à l'Américain Vernon L. SMITH, l'Académie royale des sciences de Suède récompense des travaux remettant en cause certaines idées reçues et faisant enfin de l'économie une science expérimentale. Les recherches de ces deux trouble-fête des sciences économiques, notamment l'intégration d'une bonne dose de psychologie par KAHNEMAN (premier lauréat non économiste et non mathématicien), et la mise au point de méthodes expérimentales par SMITH, ont ouvert la voie ces vingt dernières années à la modélisation en laboratoire de données utiles à la recherche dans cette science qui privilégiait le terrain.

Le prix récompense pour moitié Daniel Kahneman, (68 ans), "pour avoir introduit en sciences économiques des acquis de la recherche en psychologie, en particulier concernant les jugements et les décisions en incertitude", selon les termes de l'Académie. Psychologue de formation, Daniel Kahneman a intégré à l'analyse économique les acquis de la recherche dans sa branche d'origine. Il a pris en compte le fait que l'homme n'était pas l'animal rationnel et égoïste que l'on croyait, dans ses prises de décisions. Dans les situations d'incertitude, les individus jugent et décident en violant les lois élémentaires de la probabilité (comme la loi des grands nombres ou le principe d'indépendance des événements) et les règles du calcul probabiliste. Ils réagissent avec leurs idées toutes faites, leurs émotions… leurs "esprits animaux" aurait dit KEYNES. On doit se rappeler que c'était déjà une grande idée de Keynes que de montrer que les décisions économiques se prennent dans l'incertitude et que cela changeait beaucoup par rapport à l'analyse paréto-walrasienne.

Daniel KAHNEMAN (Américain d'origine israélienne) est professeur de psychologie à l'université de Princeton (New Jersey, nord-est des États-Unis), et il a intégré les acquis de la recherche en psychologie à l'analyse économique. Ses contributions les plus importantes concernent la prise de décision en situation d'incertitude "où il a montré comment la décision des individus peut systématiquement s'écarter des prédictions de la théorie économique traditionnelle", introduisant une "variable d'irrationalité" dans les calculs. "Ses travaux ont inspiré une nouvelle génération de chercheurs en économie et en finance, qui ont enrichi la théorie économique".

Parmi eux, le co-lauréat Vernon SMITH, (75 ans), primé "pour avoir fait de l'expérience en laboratoire un instrument d'analyse économique empirique, en particulier dans l'étude de différentes structures de marché".

Se fondant lui aussi sur l'introduction de cette "variable d'irrationalité" dans les calculs, ce professeur d'économie et de droit à la George Mason University (Virginie, Est des États-Unis) a posé les bases d'un nouveau domaine de recherche, l'économie expérimentale, en mettant au point un ensemble de méthodes devenues autant de règles dans les laboratoires.

Ses théories ont montré que les marchés n'ont pas besoin nécessairement d'un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs pour fonctionner efficacement. Grâce à des expérimentations réalisées en laboratoire avec des étudiants, il s'est appliqué à recréer les conditions de marché et à suivre, in vitro, comment se formaient les prix. Il a ainsi étudié de nouveaux types de marchés afin de les mettre en œuvre. Il a testé les règles du jeu de ces nouveaux marchés et il a permis de mieux comprendre pourquoi les bulles spéculatives se formaient en bourse, ou comment il fallait déréglementer le marché de l'eau, de l'électricité, des télécommunications ou du secteur aérien -avant une application en pratique. Il a ainsi servi de consultant pour la privatisation du secteur de l'électricité en Nouvelle-Zélande et en Australie.

V. Smith montre notamment que le résultat change sensiblement selon le type d'organisation des marchés. Par exemple, une enchère à l'anglaise (où les acquéreurs annoncent leur prix par ordre croissant) aboutira à un prix plus élevé qu'une enchère à l'hollandaise (où le prix initial est peu à peu réduit jusqu'à ce qu'un acheteur se déclare). De quoi intéresser les organisateurs de marchés publics ou privés…

Pour l'Académie suédoise, ses contributions ont eu une influence déterminante dans la "reconnaissance de l'économie expérimentale comme outil essentiel à l'analyse empirique de l'économie".

Note : depuis Adam SMITH, au 18ème siècle, la science économique s'est bâtie autour de l'Homo economicus, un être rationnel, mû uniquement par la recherche de son intérêt personnel et les calculs de probabilité. C'est une créature improbable, mais elle a permis de doter les sciences économiques d'une solide boîte à outils théorique. Mais, les économistes veulent, de longue date, dépasser cette présentation pour mieux comprendre les vrais ressorts du comportement humain, notamment en confrontant la théorie et le terrain. C'est un apport principal des travaux des deux hommes distingués par le prix Nobel 2002.

Bruno Biais (professeur de finance à Toulouse-1) et Denis Hilton (professeur de psychologie à Toulouse-II), in Le Monde du 11 octobre 2002 :

Le prix Nobel 2002 consacre la convergence entre l'économie et la psychologie. V. SMITH est l'un des fondateurs de l'ÉCONOMIE EXPÉRIMENTALE, laquelle permet d'observer avec précision, in vitro, les comportement économiques des êtres humains, ainsi que les conditions objectives déterminant ces comportements : les coûts supportés par les agents, leurs informations, le cadre dans lequel ils interagissent. Concrètement, les participants à l'expérience peuvent être dans une salle de classe ou intervenir sur des ordinateurs connectés en réseau. Connaissant les conditions objectives dans lesquelles interagissent les participants, l'expérimentation peut calculer les prédictions de la théorie économique : transactions et prix d'équilibre.

EN 1962, Vernon SMITH a publié un article important dans lequel il montrait que l'interaction entre acheteurs et vendeurs, dans une enchère double, convergeait vers l'équilibre concurrentiel, prédit par le modèle microéconomique standard. La théorie économique était ainsi véhiculée par l'expérience. Ces conclusions optimistes quant à la validité de la théorie économique ont été relativisées par un autre article important de M. SMITH, publié en 1988. Dans un marché financier expérimental, où les participants purent acheter des actions pour les revendre aux autres, M. Smith a observé l'apparition de bulles spéculatives. L'action était échangée à des prix bien supérieurs à sa valeur fondamentale, en contradiction avec les prédictions de la théorie économique du moins dans sa version standard.

Ces résultats invitaient les économistes à s'interroger sur le paradigme de l'Homo economicus rationnel. Deux psychologues, Daniel Kahneman et Arnos Tversky (décédé en 1996), ont su proposer des approches théoriques alternatives du comportement économique nourries par les apports de la psychologie expérimentale. Alors que M. Smith, comme les autres économistes, concentre son attention sur les comportements observés, MM. Kahneman et Tversky se focalisent sur les processus cognitifs qui sous-tendent la prise de décision économique.

THÉORIE DES PERSPECTIVES

La première de leurs deux contributions majeures, publiée en 1974, proposait une théorie psychologique de la manière dont les individus jugent de la probabilité des événements. Pour exemple, plutôt que d'évaluer les fréquences de manière statistique, les individus ont tendance à accorder une probabilité élevée aux événements qui leur viennent facilement à l'esprit.

La seconde contribution majeure de MM. Kahneman et Tversky, la " théorie des perspectives " (prospect theory), publiée en 1979, est celle qui a eu l'impact le plus fort sur les économistes. Alors que la théorie économique classique postule que les individus évaluent les différents états du monde de façon absolue et objective, MM. Kahneman et Tversky estiment que les individus évaluent les situations de manière relative, par rapport à un point de référence qui peut être subjectif.

Les travaux de M. Smith et de M. Kahneman ont contribué à créer de nouveaux courants de recherche, tels que l'économie expérimentale et la finance comportementale. Ils ont aussi contribué à renouer le dialogue entre science économique et science cognitive, tel qu'il existait à l'époque d'Adam Smith et de John Stuart Mill.

 

Article de Jean-Louis RULLIÈRE , in Le Monde du 15 octobre 2002

LE NOBEL 2002 CONSACRE L'ÉCONOMIE EXPÉRIMENTALE

La décision de l'Académie royale des sciences de Suède d'attribuer, le 9 octobre 2002, le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques, pour l'année 2002, à Daniel KAHNEMAN et à Vernon L. SMITH ne consistaient pas simplement à distinguer deux chercheurs éminents. La reconnaissance conjointe de leurs travaux consacre l'économie comme une science expérimentale. Daniel Kahneman, professeur à Princeton et à l'université hébraïque de Jérusalem qui a souvent collaboré avec Amos TVERSKY (décédé en 1996), est reconnu " pour avoir introduit en sciences économiques des acquis de la recherche en psychologie, en particulier concernant les jugements et les décisions en incertitude ".

En 1953, le Français Maurice Allais dans une expérience devenue célèbre, remettait en cause la représentation habituelle des économistes de la prise de la décision en situation d'incertitude. Le comportement humain ne serait pas seulement dicté par un calcul simple entre des probabilités et des niveaux de satisfaction face à différents événements alternatifs. Par la suite, Kahneman et Tversky ont proposé en 1979 dans un article fondateur une approche de la décision en univers incertain (prospect theory) qui ne se fonde plus sur des principes (ou axiomes) de calcul mais sur une construction mentale par l'individu de son environnement qui tient compte de sa perception, de sa posture psychologique, de ses émotions et de ses motivations intrinsèques.

Vernon L. Smith, de l'université George-Mason en Virginie, a été distingué " pour avoir fait de l'expérience en laboratoire un instrument d'analyse économique empirique, en particulier dans l'étude de différentes structures de marché ".

À la suite d'une première expérience menée en salle de classe par le professeur CHAMBERLIN à Harvard en 1948, Vernon L. Smith s'est consacré durant toute sa carrière non seulement à reproduire en laboratoire le fonctionnement de différents types de marché, mais plus généralement à construire une nouvelle méthode d'investigation des phénomènes économiques  : l'économie expérimentale. L'étude directe du fonctionnement d'un marché se fait en recueillant des données naturelles. Celles-ci contiennent en général des éléments inobservables dont il est difficile d'apprécier la pertinence et le caractère déterminant : comment considérer par exemple l'hypothèse selon laquelle, sur un marché particulier de l'emploi, des considérations de bienveillance, ou d'équité sont déterminantes dans la formation du salaire ?

Partant de ce constat, l'idée consiste à inverser la démarche scientifique : on reproduit artificiellement un contexte économique dans un laboratoire avec de vrais participants et des transactions monétaires réelles. Cette méthode a le mérite d'isoler l'objet d'étude et par conséquent d'en considérer la pertinence. Les travaux de Vernon L. Smith et par la suite notamment ceux de Charles PLOTT ont permis de mettre en évidence le rôle crucial des institutions qui définissent un marché dans la recherche de l'efficacité économique. Cette conclusion a eu un impact important sur le choix par exemple des mécanismes marchands de privatisation de services collectifs comme l'électricité ou l'eau.

De manière plus générale, Smith considère que l'économie expérimentale est à la théorie économique ce qu'une soufflerie est à la physique des fluides ou à la recherche de l'écoulement en aéronautique ("laboratory as a wind tunnel"). Le succès réel d'une théorie économique ne peut pas se résumer par une meilleure appréhension des mécanismes économiques généraux, comme ceux qui régissent la confrontation d'offres et de demandes. L'économiste doit être en mesure d'offrir une véritable ingénierie microéconomique au décideur, qu'il soit politique, privé ou public. ROTH constate par exemple en 1992 que le marché des médecins hospitaliers aux États-Unis souffre d'un effet " de départ volé " dans la mesure où, face à la pénurie de médecins, les directeurs d'hôpitaux offrent des contrats de travail de plus en plus tôt dans leur cursus de formation universitaire sans attendre la fin de leurs études et donc sans une indication claire de leur niveau de compétence.

 

Alors que les théories du marché du travail ne peuvent fournir que des explications très générales, la reproduction de ce phénomène réel en laboratoire permet de tester différents mécanismes de marché qui donnent des recommandations aux décideurs publics dans l'organisation du marché des médecins hospitaliers. Cette illustration n'est pas isolée. Le développement de l'ingénierie microéconomique concerne tout à la fois l'aide à la négociation, à la décision, à la résolution de conflit ainsi que l'impact de la conception des schémas de rémunération et de leur impact sur la productivité. Ainsi l'économie expérimentale permet de spécifier et d'offrir des tests de mesures de politique économique ; pratique encore peu répandue en France actuellement.

Alors que Daniel Kahneman et Vernon L. Smith n'ont jamais travaillé ensemble, leur association par l'Académie royale des sciences de Suède n'en demeure pas moins judicieuse. De nombreux résultats expérimentaux montrent en effet que les mobiles du comportement économique ne se réduisent pas tous au simple argument pécuniaire ; bien d'autres ressorts psychologiques sont à l'œuvre, comme la pression des groupes sociaux auxquels notre comportement fait référence. L'économie expérimentale contribue à l'enrichissement psychologique de l'Homo oeconomicus en restituant la complexité de son comportement et en particulier sa capacité d'adaptation dans la société. La contrepartie de cet enrichissement montre que l'économiste n'a pas vocation à prévoir (comme si l'économie était un objet inerte) mais bien davantage à éclairer et à conseiller le décideur, l'économie expérimentale étant dans ce cas un outil précieux.

 

Jean-Louis Rullière est professeur d'économie et directeur du Groupe d'analyse et de théorie économique CNRS (université Lyon-II), École normale supérieure LSH.

Ouvrages à consulter sur l'économie expérimentale :

Experimental Economics, Princeton, par Davis, Douglas D. and Charles A. Holt (Princeton University Press, 1993).

Handbook of Experimental Econoimcs, Princeton, par Kagel, John H. et Alvin E. Roth (Eds.) (Princeton University Press, 1995).

- Les expérimentalistes se retrouvent-au sein de la Economic Science Association

http://www.ecoii.nyu.edu/dept/esa/index.htrn]

" De nombreux résultats expérimentaux montrent que les mobiles du comportement économique ne se réduisent pas tous au simple argument pécuniaire "