Cette dissertation a été écrite, en quatre heures, par mademoiselle Émilie STUMPF, le 18 mai 2001.

L’INTERVENTION DE L’ÉTAT EST-ELLE NÉCESSAIRE
DANS UNE ÉCONOMIE DE MARCHÉ ?

Plan adopté

I.-- L’intervention de l’État : une nécessité en période de crise
A.-- Il revient à l’état de combler les carences du marché
B.-- En situation de sous-emploi, la relance de l’économie nécessite l’intervention de la puissance publique

II.-- L’État perturbe l’équilibre naturel " spontané " du marché, et ainsi ne permet pas une allocation optimale des ressources
A.-- Le primat impérieux du marché
B.-- L’État n’agit pas toujours dans l’intérêt et le bien-être de la société.

" L’État ne fait pas le bonheur. Le marché ne fait pas le bonheur ", tels sont deux titres parmi les émissions animées par Jacques Généraux sur France Culture et repris dans la revue Alternatives Économiques.

Nous voyons bien que le bien-être de l’économie qui est un objectif primordial se trouve face à un dilemme. Dépend-il du marché ou de l’État ? La réponse n’est pas évidente, mais toujours est-il qu’aujourd’hui la liberté d’entreprendre semble dominante dans l’économie capitaliste que nous connaissons. Si l’économie de marché est un système où l’activité s’autorégule d’elle-même, il apparaît cependant que le marché ne puisse pas tout internaliser et donc qu’une force extérieure, " détachée des contingences matérielles " comme disait Keynes, intervienne, à savoir l’État.

À ce sujet, les opinions divergent et s’opposent même radicalement à travers l’histoire du XXe siècle notamment.

Ainsi, en 1929, après le krach boursier du " jeudi noir ", l’État jouera un rôle indispensable dans l’économie. En effet, en 1936, John Maynard KEYNES dans sa " Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie " lui confère un rôle central. Selon lui, seule l’intervention de l’État permettra à l’économie de sortir de la situation de sous-emploi dans laquelle elle se trouve. Les politiques de relance vont bon train, et la France connaît la période mythique des Trente Glorieuses. Cependant, dans les années 70, les politiques keynésiennes s’avèrent inefficaces pour la reprise de l’économie après le premier choc pétrolier. En réaction à cela un renouveau libéral voit le jour avec deux économistes fondamentaux, Friedrich von HAYEK de l’école autrichienne et Milton FRIEDMAN, chef de file des monétaristes. Ainsi, les années 70 permettent à HAYEK de connaître une certaine consécration, une revanche par rapport à 1936 où sa pensée fut éclipsée par celle de KEYNES.

Ces deux économistes libéraux ainsi que beaucoup d’autres par la suite prônent la non-intervention de l’État au profit d’un marché libre et spontané qui assure l’équilibre de l’économie.

Le débat entre les keynésiens et les libéraux semble donc bien ancré dans la réalité, mais n’y a-t-il pas des situations économiques particulières qui nécessitent l’intervention de l’État ? Celui-ci permet-il une amélioration de l’activité économique ?

Pour tenter d’y répondre, nous verrons dans un premier temps que l’intervention de l’État est une nécessité en période de crise puis nous montrerons cependant que l’État peut perturber l’équilibre naturel, " spontané " du marché et ainsi qu’il ne permet pas une allocation optimale des ressources.

I.-- L’INTERVENTION DE L’ÉTAT : UNE NÉCESSITÉ EN PÉRIODE DE CRISE

Avant de montrer que l’intervention conjoncturelle de l’État est nécessaire, dans certaines conditions, pour relancer la croissance économique, il nous faut d’abord voir que l’État a un premier rôle important dans l’économie puisqu’il permet de combler les carences du marché.

A.-- IL REVIENT À L’ÉTAT DE COMBLER LES CARENCES DU MARCHÉ

Ce rôle que certains économistes attribuent à l’État s’insère dans l’économie du Bien-être. En effet, le marché ne peut pas tout internaliser. Celui-ci étant fondé sur le principe de la libre propriété privée et de la responsabilité des individus comme le dit Pascal SALIN, l’intervention de l’État peut se révéler utile pour pallier les insuffisances du marché à plusieurs niveaux.

Ainsi tout d’abord, selon l’économiste britannique Arthur Cecil PIGOU, c’est à l’État de gérer les externalités, une externalité étant un acte de consommation ou de production commis par un agent qui agit de façon positive ou négative sur l’utilité d’un autre agent, sans que cette interaction ne transite pas le mécanisme des prix c’est-à-dire par le marché.

Arthur PIGOU distingue alors le produit marginal net privé du produit marginal net social et explique que quand le second est inférieur au premier cela signifie qu’un agent produit des externalités négatives supportées par d’autres agents. Nous comprenons alors que quand les deux produits marginaux sont égaux, il n’y a pas d’externalités, tout est internalisé par le marché.

Lorsqu’une externalité existe, PIGOU proposera une solution qui ne règle pas le conflit entre les agents puisque, selon lui, il faut taxer celui qui émet une externalité négative. Cette solution sera critiquée plus tard par Ronald COASE qui préconisera, lui, une solution contractuelle. L’État peut décider d’attribuer par exemple une rivière, soit à l’usine qui pollue et, à ce moment-là, les riverains pourront réduire le niveau de pollution moyennant un dédommagement à l’usine. L’État peut attribuer la rivière aux riverains et à ce moment-là, l’usine pourra polluer la rivière à condition de compenser les effets de la pollution par des versements aux riverains. Le fait de donner la propriété de la rivière à l’une des parties ouvre la possibilité de négociations contractuelles, et donc de trouver une solution.

Par ailleurs, l’État est indispensable pour s’occuper des biens collectifs purs, c’est-à-dire des infrastructures. Adam SMITH le prévoyait déjà en 1776 dans " La richesse des Nations " en plus de ses fonctions régaliennes.

En effet, il existe des biens indispensables à la société comme les routes ou les phares par exemple, mais qui ne peuvent pas être pris en charge par un seul individu car la dépense serait trop importante. Dès lors, il appartient à l’État, à travers les impôts, de financer ses biens.

Par ailleurs, l’État intervient aussi dans le domaine des monopoles naturels. En effet dans certains domaines une seule entreprise est plus rentable que plusieurs, plus rentable " qu’une myriade d’entreprises " comme disait SCHUMPETER. (Ndp, tous les économistes ne s’accordent pas pour en conférer le contrôle à la puissance publique, voir notamment Pascal SALIN ou encore BAUMOL, PANZAR et WILLIG.

Nous avons donc vu que le marché n’était pas capable de tout internaliser et que l’intervention de l’État était nécessaire dans certains domaines.

Si l’État intervient en tant que suppléant du marché, il s’avère aussi être un instrument efficace de reprise économique.

B.-- EN SITUATION DE SOUS-EMPLOI, LA RELANCE DE L’ÉCONOMIE NÉCESSITE L’INTERVENTION DE LA PUISSANCE PUBLIQUE

Le rôle de l’État en tant que stimulateur de l’activité économique et de relance de la croissance a été défendu par KEYNES après la crise de 1929. La théorie keynésienne se place dans un contexte de sous-emploi et dans une approche macroéconomique, c’est-à-dire avec un raisonnement au niveau des grandes variables de l’économie telles la demande, la consommation ou l’investissement.

Selon KEYNES, la seule façon de sortir du sous-emploi est de relancer la demande. En effet, selon lui, tout part de la demande effective et non pas de l’offre comme le soutiendront les " supply siders ". Ainsi, pour KEYNES, la demande effective est la demande anticipée par les entrepreneurs pour leur permettre de mettre en œuvre un certain niveau de production et donc d’emploi. Seulement pour que les entreprises embauchent, il faut que les perspectives de ventes soient bonnes, c’est-à-dire que la demande (qui est égale à la consommation, l’investissement et les exportations en économie ouverte) soit importante. Or, celle-ci est faible en situation de sous-emploi en raison d’une faiblesse des revenus. Dès lors, il appartient à l’État de la stimuler en injectant de la monnaie dans l’économie, c’est ce que l’on appelle le principe du multiplicateur. En effet, celui-ci décrit les mécanismes en chaîne à l’issue desquels une injection de revenus dans l’économie par un investissement autonome de l’État, a provoqué une augmentation de la production supérieure à l’investissement initial. Cette relance se fait donc à travers le budget. Ici l’État peut aller jusqu’au déficit budgétaire qui sera résorbé ultérieurement car les recettes vont augmenter.

Par ailleurs, plus la propension à consommer est forte et plus l'effet multiplicateur sera efficace ; dès lors il faut augmenter les bas salaires car leurs détenteurs ont une plus forte propension à consommer. En effet, ceux qui ont un revenu élevé consacrent une part de leur revenu à la consommation moins importante que ceux qui ont un faible revenu. C'est ce que KEYNES appelle la loi psychologique fondamentale, la consommation augmente avec le revenu mais à un niveau rythme, c'est-à-dire que la propension marginale à consommer est positive mais elle serait décroissante.

Ensuite, KEYNES explique que l'épargne a un rôle néfaste pour l'économie car c'est une fuite. Les effets du multiplicateur sont de moins en moins efficaces car tous les revenus distribués ne sont pas réinjectés dans le circuit économique puisqu'une partie est épargnée. Il ne faut pas omettre qu'en économie ouverte, une partie des revenus sert à payer les importations et qu'ainsi le multiplicateur est moins efficace.

Par son investissement autonome, l'État va donc distribuer des revenus qui permettent d'augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs, les entreprises face à l'augmentation de la demande devront produire plus et donc embaucheront. Pour KEYNES, cela est possible car l'offre est infiniment élastique jusqu'à la situation de plein-emploi des facteurs de production. En effet, celle-ci peut augmenter car tous les facteurs de production ne sont pas utilisés. Selon cet auteur, il existe une demande globale de plein-emploi et c'est ce niveau que l'économie doit atteindre.

Ainsi, lorsque la demande est inférieure à la demande globale de plein-emploi, on est en situation de sous-emploi, dans le cas où elle serait supérieure, on se trouve en situation d'inflation. C'est ce que KEYNES nomme l'écart inflationniste. En injectant de la monnaie dans l'économie nous comprenons donc que, selon lui, l'inflation paraît être la condition permissive pour assurer le plein-emploi.

Nous voyons donc que pour KEYNES il n'y a pas de dichotomie entre la sphère réelle et la sphère monétaire, les variations d'épargne liquide que conservent les ménages influent sur l'activité. Ainsi, l'État permet donc de relancer l'activité économique par une stimulation de la demande. Il est évident que le rôle de la puissance publique apparaît ici très bénéfique mais comme l'explique Jean-Pierre FOIRRY, l'État peut aussi bien être bienveillant que congloméral. Dès lors, nous voyons que l'État peut, pour diverses raisons, apparaître néfaste pour certains économistes.

II.-- L’État perturbe l’équilibre naturel " spontané " du marché, et ainsi ne permet pas une allocation optimale des ressources

Pour les économistes libéraux, l'État perturbe le fonctionnement du marché et ils expliquent aussi que les politiques conjoncturelles keynésiennes sont inefficaces. Nous montrerons ensuite que pour l'"école des choix publics" ("public choice"), l'État n'agit pas toujours dans l'intérêt et le bien de la société.

A.-- LE PRIMAT IMPÉRIEUX DU MARCHÉ

L'idée de la primauté du marché dans l'économie a surtout été défendue par HAYEK, pou qui, seul le marché permet la réalisation des intérêts individuels et de la civilisation. HAYEK voit le capitalisme comme un "ordre spontané" qui se régule tout seul par l'intermédiaire du système de prix. Ainsi, pour HAYEK, les prix et notamment les salaires doivent être totalement flexibles. Selon lui, les syndicats sont la cause du chômage car ils empêchent un juste équilibrage des salaires

En créant en 1947 la Société du Mont-Pèlerin prônant le libéralisme et l'économie de marché, HAYEK explique que l'État ne doit intervenir que pour assurer le fonctionnement dit spontané du marché et la liberté des individus. Selon lui, seule la soumission au marché permet la liberté et la satisfaction maximale des individus. Pour cet auteur, ce n'est pas l'insuffisance de la demande qui est la cause du sous-emploi, mais l'injection trop importante de monnaie de la part des autorités monétaires (donc l'État). En effet, une injection de monnaie dans l'économie ne permet pas de résorber le chômage, au contraire, elle entraîne des disparités suffit dans la répartition de la production entre les différents secteurs (notamment entre ceux qui produisent des biens de consommation et ceux qui produisent des biens d'équipement) et elle peut aggraver le chômage en précipitant les crises. Les politiques keynésiennes peuvent atteindre une situation contraire à l'objectif initial. Par ailleurs, HAYEK explique la situation de stagflation que l'on connaîtra dans l'économie, à savoir une forte inflation et un chômage élevé et il explique que la crise peut être évitée s'il y a un long détour de production pour les biens d'équipement.

Si HAYEK explique que les politiques de relance sont inefficaces, un autre économiste Milton FRIEDMAN, chef de file des monétaristes adressera lui aussi une sévère critique à KEYNES et à l'État. Si pour KEYNES la demande de monnaie de la part des agents varie et influe sur le cycle économique, pour FRIEDMAN, cette demande est toujours stable car les individus savent exactement la quantité de monnaie qu'ils souhaitent détenir.

FRIEDMAN évoque alors les encaisses réelles desquelles on a enlevé l'inflation, et le revenu permanent [Ndc, on ne voit pas précisément ce que l'étudiante veut dire. Ces deux concepts friedmaniens, comment les intégrer dans ce sujet, que permettent-ils de montrer ?] Pour FRIEDMAN, en situation de sous-emploi les encaisses réelles peuvent ramener au niveau du plein-emploi. En effet, si les prix baissent plus vite que les salaires, les agents verront leur pouvoir d'achat augmenter et stimuleront la demande. Il n'y a donc pas besoin de l'intervention de l'État.

Par ailleurs, le revenu permanent est le revenu présent plus la somme des revenus futurs actualisé. FRIEDMAN explique que les individus déterminent leur revenu permanent en fonction de leur passé, de leur histoire. Ils font des anticipations adaptatives en calant leur consommation sur leur revenu permanent. Toute variation autour de ce revenu permanent, appelée revenu transitoire se traduit alors par une variation de l'épargne. Ce thème sera repris plus tard par Robert LUCAS, fondateur de la nouvelle macroéconomie classique avec la notion d'anticipations rationnelles. Les individus peuvent anticiper la politique économique envisagée et ainsi de la contrecarrer.

Mais surtout FRIEDMAN expliquera que l'inflation est toujours et partout un phénomène d'origine monétaire. Dès lors, il explique que les politiques keynésiennes génèrent de l'inflation et que la responsabilité en revient à l'État. Il préconise donc de fixer un taux de croissance de la masse monétaire et qu'il faut le caler sur le taux de croissance naturel. Ce taux devra être fixé indépendamment des gouvernements, par des autorités indépendantes, il proposera, pour cela, de laisser cette fonction aux banques centrales mais de les rendre indépendantes du pouvoir politique. Cette idée sera reprise dans le traité de l'Union européenne de Maastricht. Dès lors, les banques centrales, indépendantes, ne pourront plus financer le déficit budgétaire par des avances. FRIEDMAN a donc fourni le modèle à la mise en place du système de banques centrales européen, et, donc, à la politique européenne. [Ndc, il faut noter que Friedman proposera de neutraliser la monnaie].

Par ailleurs, certains économistes se sont opposés à KEYNES sur le rôle central qu'il accorde à la demande. En effet les théoriciens de l'offre, notamment Arthur LAFFER, reprennent la loi de SAY et expliquent que tout part de l'offre. Il faut la stimuler pour stimuler l'activité économique. Les objectifs sont de baisser les taux d'intérêt et d'augmenter la profitabilité des entreprises par une politique favorable à l'épargne et en créant son esprit d'entreprise. Ainsi, les "supply-siders" n'expliquent pas la crise par une insuffisance de la demande mais par une stagnation de la production. C'est là qu'intervient la thèse de LAFFER selon laquelle un taux d'imposition trop élevé décourage les individus à travailler et entraîne donc un ralentissement de l'activité économique. Il faut donc diminuer les impôts, notamment les impôts progressifs car ils touchent les personnes aux revenus les plus élevés qui épargnent le plus et donc dynamisent l'économie. Cette thèse sera mise en œuvre par Ronald REAGAN en 1978 dans le cadre de la proposition 13 qui aboutira à une réduction de 57 % des impôts fonciers dans l'État de Californie.

Nous avons vu que pour de nombreux économistes libéraux l'intervention de l'État est néfaste à l'économie. Par la suite l'école du "public choice" montrera que l'État ne prend pas toujours des décisions dans l'intérêt de la population. Cette école économique remet radicalement en cause les fondements de l'action collective.

B.-- L’ÉTAT N’AGIT PAS TOUJOURS DANS L’INTÉRÊT ET LE BIEN-ÊTRE DE LA SOCIÉTÉ

Cette idée fondamentale a été défendue par "l'école des choix publics" qui montre que les gouvernants n'agissent pas toujours dans l'intérêt des citoyens, mais souvent dans leur propre intérêt. Il y a plusieurs explications qui sont données, nous allons les passer en revue.

Ainsi la théorie des cycles politico-économiques explique qu'à l'approche des élections la nature des politiques économiques change. Ainsi, avant les élections, il y a en général une augmentation des dépenses publiques pour relancer l'activité économique. Les gouvernants, par l'augmentation des dépenses, pensent favoriser leur réélection, en postulant que le climat économique et social sont des facteurs déterminant pour le résultat des élections.

La thèse de l'électeur médian, par ailleurs, démontre que les hommes politiques cherchent à attirer l'électeur qui hésite entre deux grandes tendances politiques ; ainsi, ils chercheraient à satisfaire l'électeur médian de manière à capter les voix du plus large éventail possible de l'électorat.

Enfin, le paradoxe d'OLSON montre qu'un individu peut faire des choix contraires à sa volonté et que ce que choisit la puissance publique n'est pas forcément ce qu'il veut. Cependant, plus un groupe est nombreux et moins un de ses membres n'a envie de passer à l'action car sa contribution est marginale et qu'il y a de nombreux passagers clandestins. C'est tout le contraire pour les petits groupes dans lesquels les membres se surveillent en évitant ainsi les comportements de "free rider" et ont intérêt à agir de manière très déterminée.

Les techniques de vote influent, elles aussi, sur le choix final des électeurs, cela dépend de la manière et de l'ordre dans lesquels sont posées les questions. Enfin, la théorie de la rente explique que certains groupes de pression s'attribuent des rentes de situation grâce à l'État.

 

 

Marché ou État ? Nous avons vu que la réponse n'était pas facile à trouver et que chaque type d'organisation avait ses avantages. Sil le marché peut être efficace pour satisfaire des choix individuels, l'intervention de l'État paraît indispensable pour mener à bien l'organisation de services collectifs tels que la santé, l'éducation ou encore pour dégager des externalités positives, tel est le sens de l'apport de la théorie de la croissance endogène.

Cependant, face à ce constat, il existe de farouches opposants à toute intervention de l'État qui prônent l'anarchisme comme la liberté absolue grâce au marché. Le représentant de ce courant qualifié "d'anarcho-capitaliste" est David FRIEDMAN, lequel prône un dépérissement total de l'État. Cette thèse paraît cependant assez extrémiste puisque tout serait privatisé ; or, il est évident que dans un souci de morale et de justice que l'État est nécessaire pour aider une partie de la population qui se trouve en difficulté et pour financer des services publics dans l'intérêt de tous.

Nous voyons donc que le dilemme n'est pas prêt d'être tranché. Aussi comme l'explique Olivier WILLIAMSON, fondateur de "la nouvelle économie institutionnelle", la solution entre la décentralisation (privatisation et primat du marché) et la centralisation (intervention active de l'État) semble être une entente contractuelle.